Trail nocturne des Lucioles

Trail des Lucioles 2013

Trail des Lucioles 2013

Après un début de semaine qui laissait penser que le printemps était définitivement installé, c’est sous des trombes d’eau que je me rends chez Jeff. Notre duo sera à nouveau réuni sur cette course qui sera pour moi ma seconde participation. Nous ferons le voyage avec sa fille, Marie et de mon fils, Maxime. L’ambiance est donc à la joie et la plaisanterie, qui contraste nettement avec la grisaille et la pluie incessante qui nous accompagneront jusqu’à Roquebrune sur Argens.

Arrivés avec deux heures d’avance nous avons largement le temps de prendre un verre au café de la place du village qui jouxte le départ de la course. C’est avec la fin du match de Coupe d’Europe Clermont – Munster que nous patienterons. La plupart des traileurs arrivés en avance auront la même idée. Remy, le beau-frère de Jeff qui réside du côté de Grasse nous retrouve quelques minutes après.

Une demi-heure avant le départ, la pluie cesse et fait place à un magnifique soleil tant espéré depuis les dernières 24 heures. Le village retrouve alors des couleurs et nos cœurs de la gaieté et une motivation toute fraîche. Je pense alors concrètement à cette course nocturne et à mes ambitions de chrono. Le parcours est légèrement modifié sur 1 ou 2 kilomètres par rapport à l’an dernier mais le kilométrage et le dénivelé restent sensiblement identiques. J’avais fait une excellente course l’année dernière en bouclant le parcours en 2h16. Faire aussi bien cette année, voire un peu mieux, serait pour moi une très bonne performance. Certes, le parcours sera probablement glissant et boueux par rapport à la dernière fois… On verra bien.

Le départ à lieu cette année dans une étroite rue du village médiéval. L’ambiance est festive, le soleil inespéré de fin de journée ayant probablement sur motivé les coureurs. Nous saluons quelques connaissances, dont Thierry qui a fait le voyage depuis Gap pour participer à cette épreuve nocturne du Challenge des Trails de Provence.

Le départ est lancé, je jette un dernier regard vers Maxime, Marie et Rémy qui, ce dernier, aura la charge d’occuper nos bambins respectifs durant la course. Ils nous lancent des encouragements qui nous galvanisent d’entrée de jeu. Casés dans les cinquante premiers, nous partons à toute vitesse.

Après une rapide traversée du village, nous prenons un single qui s’enfonce dans la forêt de Cavalière. C’est partie pour un faux plat montant de 5 kilomètres qui va se redresser crescendo pour se transformer en une belle côte. Nous la finirons en marchant et en dérapant dans la boue à l’approche du col de Valdingarde. Enfin, c’est surtout les autres coureurs qui dérapent car mes Salomon Feelcross sont redoutables sur ce type de terrain. Le rythme est rapide mais les sensations sont excellentes. Mais ne nous emballons pas… Mes déboires lors du récent Trail Sainte Victoire sont encore bien présents dans mon esprit même on ne peut raisonnablement pas comparer ces deux courses.

J’attendrais Jeff une petite minute au somment de la première difficulté. Nous nous engageons alors sur un large sentier très roulant en faux plat descendant. C’est un terrain pour Jeff ça ! Je le laisse prendre les commandes et dévalons jusqu’au premier ravitaillement à une moyenne de 14 km/h. La rapidité à laquelle nous dépassons certains coureurs conjuguée à la nuit exacerbe les sensations : nous avons l’impression d’atteindre la vitesse d’un 10 km sur route. C’est génial !

Photo Hervé Sentucq

Photo Hervé Sentucq

La nuit est maintenant bien installée et le ciel laisse place à un magnifique plafond étoilé. Au loin se découpe très nettement la splendide montagne de Roquebrune-sur-Argens. Plus bas, les lumières du village se confondent avec les frontales des derniers concurrents.

Malgré la nuit, les paysages sont grandioses. Tous les sens sont en éveil : L’humidité ambiante renforce les odeurs de la forêt. Le bruit des ruisseaux, le coassement des grenouilles et crapauds sont omniprésents. Mes Salomon font corps avec le terrain. Elles se régalent dans la boue et sur la roche humide mais très adhérente. Le pied !

I was waiting in the dark age
Searching for the ones in my life
I’m so far away
But I had hit the ground runnin
Steady as you go, I don’t mind
I’m still here today
Oh, spouting hymns and all’s in them
And forever target, when it ain’t so kind

Ces mots collent parfaitement avec l’ambiance Western de ce début de nuit. Quand ces instants touchent au sublime, il faut une bande son à la hauteur pour les accompagner. J’ai la mélodie de For 12 de Other Lives en tête. Au passage, leur album Tamer Animals est un des meilleurs disques rock indé de 2011.

Cliquer sur play et continuer la lecture…

La nature s’humanise à l’approche du lac des Clos, lieu de résidence du premier ravitaillement. Pas d’arrêt pour nous deux mais nous échangerons toutefois quelques politesses avec les bénévoles. Nous continuons à vive allure sur chemins roulants. Nous entrons alors dans la seconde partie du parcours, beaucoup plus technique…

And i had took the long way
and I was in the heat, and I don’t mind
I’m so far away

Je lâche Jeff en montée, il me rattrape dès que le terrain devient roulant. Ça semble jusque-là bien fonctionner. Mais j’ai l’impression qu’il est aujourd’hui en dessous de ses capacités, probablement fatigué par les nombreuses courses qu’il enchaîne depuis 6 mois. Ou alors c’est moi qui pète la forme ? En tout cas à mi-parcours, j’ai l’impression de voler. Pas d’emballement ! J’aurai sûrement un coup de mou plus loin vu le rythme imposé par la course.

Je perdrai à nouveau Jeff dans une montée. Au détour des sentiers, je croiserai des ruines, un moulin romain, une épaisse forêt à la végétation luxuriante, l’humidité lui donnant parfois un semblant de forêt tropicale. J’adore ce parcours et la technicité du terrain n’arrive pas ralentir mon allure. Je commence à doubler des coureurs à la peine. Je me sens toujours aussi bien et rien ne semble pouvoir emballer le cardio. C’est un moment magique, comme on en rencontre souvent en course à la différence que là ça dure depuis le départ !

Passage au second et dernier ravitaillement des Pétignons au 17ème kilomètre. L’arrivée approche et j’ai envie d’accélérer mais mon acolyte ne m’a toujours pas rejoint. Il devrait arriver rapidement car les derniers kilomètres sont en descente…

Imagine the darks from the skull
In a night without sleep, vibration comes, first suit I had in months without feet
Spouting hymns and all’s in them
And forever target, when it ain’t so kind

Les dernières bossent sont avalées en trottinant alors que les autres coureurs marchent avec difficulté. J’ai alors confirmation que je tiens une sacré forme et que maintenant c’est gagné ! Je jette un œil sur mon chrono que je n’avais quasiment pas regardé depuis le départ… Yes ! Je suis dans les clous et devrais pouvoir égaler mon temps de l’année dernière !

Je quitte la terre pour rejoindre le bitume. Moins de 2 kilomètres et c’est l’arrivée. Quelques mètres devant moi je semble deviner dans l’éclairage de ma frontale la présence de Thierry. Oui, c’est bien lui ! Tout guilleret je le rejoins rapidement et nous échangeons quelques mots. Arriver à rejoindre un coureur de son niveau, de plus sur ce type de distance dont il est spécialiste, est une grande victoire pour moi et la preuve définitive d’une forme exceptionnelle aujourd’hui. Comme quoi les courses se suivent et ne se ressemblent pas.

Je laisse partir Thierry vers l’arrivée et me retourne pour tenter d’apercevoir Jeff. Le voilà ! Euh… Non, ce n’est pas lui… Intrigué, je fais demi-tour et remonte la course, toujours en courant. 5 coureurs me croiseront avant que je le vois arriver accompagnant tel un chien d’aveugle (les aboiements en moins… Quoique que) une coureuse en panne de frontale. Quel gentleman !

Je repars, dans le bon sens cette fois. « Allez Jeff ! On fonce, car on a nos enfants qui nous attendent à 200 mètres de l’arrivée ! »

C’est à une vitesse supersonique (seulement 16 km/h en réalité) que nous approchons du but. J’aperçois les enfants au bord de la route avec Remy en supporter de luxe. Ils ont du mal à nous reconnaître tellement nous arrivons vite (en réalité, ils ont la lumière de nos Petzl NAO à intensité maximale en pleine figure). On s’attrape par la main et parcourons les 200 derniers mètres ensemble. Enorme !

Passé ce moment d’émotion, j’arrête le chrono pour constater avec joie que j’améliore mon temps de plus de 2 minutes. C’est un supplément de bonheur à cette magnifique soirée où tout m’a réussi. Même si le dénivelé de ce trail nocturne des Lucioles n’était pas très important, j’ai la sensation d’avoir fait du skyrunning au sens littéral. Je suis comblé et c’est avec des étoiles plein la tête que nous rejoindrons tardivement Aix-en-Provence.

But it feels like forever,
When your mind turns to fiction

Dossard Trail des Lucioles 2013

Résumé Trail des Lucioles 2013

Distance

Dénivelé

Chrono

Classement

FC Moyenne

Lieu

25 km

800 D+

2:14:10

43/243

(13 V1M)

149 bpm

81%

Roquebrune

sur Argens

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15 réflexions au sujet de « Trail nocturne des Lucioles »

  1. Bravo Fred, je suis content pour toi, car c’est une super sensation quand tout fonctionne à merveille! et que tu te sens presque capable de toucher les étoiles… je t’ai vu revenir tel une fusée…
    A bientôt au TGL, on ne sera pas dans la même course ce coup là.

    • C’est clair que c’est rare ces moments de grâce mais ce qui fait la magie de ce sport. Si je pouvais avoir le même pic de forme à la TDS je signe tout de suite.
      Concernant le TLG, je pense arriver un peu avant midi. Sur le 25 km tu devrais arriver bien avant. J’espère qu’on aura l’occasion de se voir si tu n’es pas trop pressé de rentrer.

  2. Bravo, ca donne envie tout ça, bien belle course … un jour peut être, qd la SFR team sera reconstruite !

    • On t’attend mon Renaud et on compte sur toi pour participer à sa reconstruction.
      Tu fais quoi le 19 mai ? Cabrières-d’Aigue est juste à côté de chez toi.

  3. Bravo ,beau récit , belle course, la forme est là, je te verrai au TGXL. (en tout cas au départ…)

  4. Bravo à toi! On sent que tu t’es fait plaisir!
    En plus faire demi-tour pour aller chercher le pote juste derrière alors que tu vas sans doute faire péter ton temps, je dis REbravo!
    (Et merci pour la découverte musicale!)

    • Ton petit mot me fait bien plaisir Fred.
      Bon courage à toi pour ton Duo de l’Hermitage qui approche à grandes enjambées.
      J’espère que ton collègue tiendra la même forme que toi.

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