Trail de Beaumes-de-Venise

Bandeau TBV

Deux semaines après la TDS l’appel du dossard se fait ressentir. À cause de la reprise du travail (je devrais dire grâce) je n’ai que très peu couru depuis Chamonix. J’ai donc très envie de me défouler sur les sentiers, d’autant que le week-end précédent j’ai explosé un record personnel sur un parcours à Sainte Victoire qui me résistait depuis près de 2 ans. J’aurai, c’est certain, le contrecoup de la TDS à un moment ou un autre. Mais pour l’instant c’est la grosse forme donc autant en profiter.

La veille du Trail de Beaumes-de-Venise, je contacte l’organisation afin de savoir s’il est possible de m’inscrire le jour même de la course. On me répond très gentiment que oui en précisant que suite à un désistement je porterai le dossard numéro 2. Quand on connaît mon attachement pour cet objet et le symbole qu’il représente à mes yeux, il est hors de question de refuser un numéro pareil ! Je serai donc au départ demain matin.

TBV 2013Le réveil à 5 h pique un peu. Apres un petit déjeuner avalé rapidement j’hésite entre une tenue d’été et une tenue de pluie. En effet, le temps est incertain et aucune application météo n’est capable d’estimer des prévisions similaires. Sur la route je prendrai des trombes d’eau à l’approche d’Avignon. Ça promet… J’ai toutes les chances de vivre la même course qu’il y a deux ans où j’avais parcouru les 35 km et 1900 m de dénivelé du parcours sous le déluge.

Le jour se lève en arrivant à Beaumes-de-Venise, une superbe commune du Vaucluse connue pour ses vignes situées au sud des Dentelles de Montmirail. L’organisation s’affaire et les coureurs arrivent par petits groupes. Je récupère mon dossard et m’éloigne de l’agitation de la zone de départ pour me rendre dans un petit bistrot prendre un café. J’adore l’ambiance de ces bistrots de campagne de bon matin. C’est toujours l’occasion d’échanger avec des locaux interloqués par l’invasion inhabituelle de leur village. Un vigneron du coin me parle vendanges tardives causées par un printemps trop humide. Un papy se réjouit de l’événement de la journée qui égaiera son quotidien. Un autre s’étonne de nos tenues, sceptique sur l’efficacité de leur protection contre le vent et la pluie… Au fait, j’aurai finalement opté pour un short et un tee-shirt à manches courtes. Un coupe vent ultra léger est présent dans le sac à dos si besoin. Mais bon, Beaumes-de-Venise ce n’est pas Chamonix et je ne devrais pas souffrir du froid, même trempé.

De retour sur l’aire de départ les coureurs sont rassemblés pour le briefing. J’échange quelques mots avec des connaissances dont Pascal du Team Raidlight et Marseille Trail Club particulièrement motivé à conserver sa place dans le top 10 du Challenge des Trails de Provence.

Le départ est donné à 8 h. 248 coureurs s’élancent dans les rues calmes de Beaumes-de-Venise. Nous quittons rapidement le village pour rejoindre Notre-Dame d’Aubune, située au pied de la première difficulté, une montée raide de 150 mètres de dénivelé. Cette montée me permet de récupérer après un départ rapide qui me place dans les 50 premiers. La montée est une formalité, j’alterne course et marche dans une pente, certes raide, mais très courte comparativement à celles rencontrées la dernière semaine d’août.

TBV 2013TBV 2013

Arrivé sur les crêtes le chemin bifurque à droite et emprunte un sentier différent de celui que j’avais pris lors de l’édition 2011. C’est l’unique modification du parcours qui évite une portion roulante de deux ou trois kilomètres dans les vignes pour longer les Grottes d’Embrosi, un magnifique passage technique en forêt. Le chemin est étroit et il est très difficile de doubler. La végétation est dense et la moiteur ambiante donne le sentiment d’être au cœur de la forêt amazonienne. Je sue tellement qu’on dirait que j’ai pris une douche tout habillé. Mais tout va bien, les sensations sont bonnes et je me régale à courir à vive allure dans un décor splendide.

J’approche les Dentelles de Montmirail qui, à cette heure matinale, sont cachées dans la brume. La piste redevient un single et nous contournons le Grand Montmirail par une courte montée de 250 mètres suivie d’une belle descente en zigzag dans les bois. L’allure est élevée et ce parcours « typé cross » met l’organisme à rude épreuve. Cette première partie de la course est la plus belle. Nous traversons plusieurs secteurs d’escalade des falaises des Dentelles où le soleil à la bonne idée de s’inviter par endroit. Cette portion est technique et la roche est rendue glissante à cause des orages de la veille. En sautant une petite barre rocheuse d’un mètre environ je prendrai ma première gamelle… Je glisse à la réception et m’étale de tout mon long. Tout va très bien, pas de blessure… Juste le genou en sang.

On alterne pendant un bon moment entre courtes montées et descentes sur terrain glissant où toute mauvaise chute est synonyme d’abandon. Je rattrape la première féminine avec qui je ferai le yoyo une bonne partie de la course. Elle est impressionnante en montée !

Au fond du vallon le parcours remonte à nouveau. Je traverse un passage rocheux équipé de cordes fixes puis j’arrive au sommet. Le sentier bifurque à droite et longe la crête. La vue à 360° est splendide et s’étend sur toute la région. On peut même apercevoir le Mont Ventoux entre deux passages nuageux. Je suis au 12ème kilomètre et le rythme n’a pas baissé d’intensité depuis le départ. Le sentier s’enfonce à nouveau dans la forêt pour zigzaguer entre les arbres. Ce passage, tout en travail d’appuis, est ludique et c’est presque avec regret que je quitte la zone pour rejoindre le fond de vallée.

Le parcours continue à faire le grand 8 mais les montées sont moins raides et se font presque toutes en courant. À nouveau nous empruntons une jolie crête tout en slalom, la crête de Saint Amand. Ensuite le sentier s’élargie pour devenir chemin puis bitume afin de rejoindre le village de Suzette. La descente se fait à vive allure et je sens que ça pousse derrière. On a dépassé la mi-parcours et certains ont manifestement décrété que c’est le moment d’attaquer.

TBV 2013

L’arrivée au ravitaillement de Suzette se fait dans la brume. Le public est amassé au bord de la route et nous encourage. Ça fait le plus grand bien. Je m’arrête juste le temps de boire un verre de coca et de remplir ma poche à eau. La pause n’aura durée que quelques secondes et je repars rapidement avec en ligne de mire un coureur 500 mètres devant. La portion suivante se déroule sur bitume et je me surprends à doubler pas mal de coureurs. Je n’ai pourtant quasiment pas fait de route depuis les 3 derniers mois. Mais le trail est bénéfique pour la route (et inversement). Je longe ensuite de belles vignes entretenues qui donneront dans quelques années un rouge qui fera assurément le bonheur des amateurs de vins.

J’approche de Lafare mais avant je dois négocier une descente pierreuse et piégeuse. Je reste concentré et vigilant car la moindre erreur de jugement se paye cash à ce stade de la course. Tout se passe sans problème.

La suite, sur un large chemin, permet de se refaire avant la dernière difficulté qui se résume à deux bonnes montées successives. Je rattrape un coureur avec qui je ferai quelques kilomètres. Nous parlons peu, signe que lui comme moi sommes dans notre effort, dans notre course. Il me lâchera un peu plus loin dès que la pente s’élève… Aïe ! Si je me fais larguer en montée c’est que je suis dans le dur. Je m’en rendrai compte rapidement… Je peine à courir, j’ai très chaud et un début de nausée. Je ne m’inquiète pas. Je ralenti afin de souffler un peu, je prends un gel et retrouve très vite mes esprits pour une fin de course que j’espère réaliser à bloc !

TBV 2013

Il reste moins de 5 kilomètres. Les coureurs en ont parfaitement conscience et l’allure va en s’intensifiant. Un participant me double en descente avec une magnifique foulée sur l’avant pied qui me laisse béat d’admiration. Mais un peu plus loin il est au bord du chemin, perclus de crampes.

TBV 2013

Moins de 2 kilomètres avant l’arrivée. J’approche de la Salette, un petit cours d’eau qui, avec les intempéries de la veille, s’est transformé en un véritable torrent. Le final ressemblera donc à celui d’il y a deux ans. Génial ! Le dernier kilomètre se fait de part et d’autre de la Salette avec quelques belles traversées les pieds dans l’eau. Je traverse une large flaque de boue et m’enfonce jusqu’à la taille. Un peu plus loin c’est dans plus d’un mètre d’eau que je patauge. Une pierre au fond de la rivière roule sous mon pied, manquant d’un rien de me faire chuter. Je n’ai rien contre un bon bain mais mon téléphone portable n’aurait pas apprécié. À nouveau je patauge dans la boue quasiment jusqu’aux genoux. Ce n’est plus un trail mais une épreuve qualificative de Total Wipeout. Ça en fait râler certains mais moi, ça m’amuse. J’y vais allègrement. Je gagnerai même une ou deux places avant de m’extraire de l’eau et remonter sur la terre ferme.

A 200 mètres je vois le pont qui signale le retour au bitume et l’arrivée toute proche. Le public est nombreux et se régalent du spectacle qu’offrent les coureurs pataugeant et chutant dans l’eau boueuse. Une dernière petite côte glissante et je me retrouve sur le pont. Encore 500 mètres de sprint et je passe l’arche d’arrivée située face à la Mairie de Beaumes-de-Venise.

Je suis très satisfait de ma course puisque je boucle le parcours en 4 heures et 9 minutes, soit 50 minutes de moins qu’en 2011 ! Une belle progression rassurante. Côté classement, j’ai de quoi également être satisfait. Je termine 25ème au scratch, derrière une bonne dizaine d’intouchables comme Stéphane Bégaud, Emmanuel Gault ou encore Guillaume Lenormand.

Je profiterai pendant un bon moment de l’ambiance d’après course pour discuter avec coureurs et bénévoles. J’applaudirai la demoiselle avec qui j’aurai fait un bout de course et qui finira seconde après s’être perdue à quelques kilomètres de l’arrivée. Pas de chance… J’avalerai goulûment mon repas en n’oubliant pas de l’accompagner, bien évidement, d’un verre de Beaumes-de-Venise rouge. À la vôtre et merci Combes et Crêtes de nous avoir offert une si belle édition 2013 !

Crédits photos : Combes & Crêtes

Voir la trace GPS sur Movescount

TBV 2013

Résumé Trail Beaumes-de-venise 2013

Distance

Dénivelé

Chrono

Classement

FC Moyenne

Lieu

35 km

1900 D+

04:09:13

25/267

(9 V1M)

156 bpm

85%

Beaumes de

Venise

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19 réflexions au sujet de « Trail de Beaumes-de-Venise »

  1. Si j’ai bien suivi, tu as bouclé, la TDS, laissé passer une semaine, tombé un record sur ton terrain d’entrainement, re-laissé passer une semaine, pour sortir une belle perf sur un 35k / 2000m derrière ?
    Tu manges quoi au petite déj ? 🙂

    • Tout à fait 🙂
      Ça m’a fait la même chose l’an dernier après la CCC, j’avais la super forme les 3 semaines suivantes.
      J’ai eu le contrecoup 1 mois et demi après en fait. Je ne m’en suis pas rendu compte sur le coup mais quand j’ai revu ma tête sur des photos de course j’ai pris peur. J’ai eu l’impression d’avoir pris 10 ans ! Peu de temps après je me suis blessé…
      Cette année, j’ai beaucoup moins chargé. J’ai finalement fait très peu de kilomètres (1160 km) mais un dénivelé plus impressionnant (51500 m D+).
      A croire que le D+ préserve 🙂

  2. Bravo pour ta course 🙂 50 minutes de moins qu’il y a deux ans, c’est impressionnant ! Les conditions météo ont du jouer un peu dessus aussi mais quand même. Bravo.
    Puis le numéro 2, c’est vraiment stylé, à garder. Et moi aussi j’ai la même question que Julien, c’est quoi ton secret ?
    Bonne récupération et bonne semaine

    • Merci Aurore !
      Le secret est un entrainement structuré… Enfin, je dis ça mais je suis loin d’être un modèle de rigueur. Le fartlek est quasiment mon unique entraînement. Ça reste du fractionné certes mais réalisé plutôt au feeling (plus qu’au chrono ou au cardio).
      Dans tous les cas je fais en sorte de réaliser des sorties « utiles », c’est à dire avec un objectif précis : endurance, seuil, travail en côté, descente, le tout mélangé, etc. Si je ne sens pas une sortie dure, j’en fais une cool.
      En réalité, c’est plutôt l’inverse… Mes sorties cool ne le sont jamais vraiment et je suis souvent dans le dur à l’entraînement. Ça présente l’avantage d’être prêt physiquement et moralement en compétition.
      Je suis un grand fan de l’adage (un peu stupide) « Qui peut le plus peu le moins ».

    • Merci à toi Jeremy.
      Je suis obligé de me bouger car y’a de la concurrence derrière (toi, Julien, François, etc) sans parler des filles qui sont de véritables acharnées !
      Ce qui nous rapproche c’est que peu importe la vitesse et les chronos, on en bave tous bien comme il faut 🙂
      Quant au secret, j’ai donné quelques éléments de réponse à Aurore.

      Bon courage dans la préparation de ton beau défi 😉

  3. Dopé aux endorphines très probablement.
    Quant aux détails d’une course, effectivement j’ai une excellente mémoire alors que dans la vie de tous les jours et au travail j’ai de plus en plus de mal à retenir des choses.
    C’est peut être ça devenir vieux 😦
    Viens vite sur le trail que je puisse raccrocher mes gants, tel Stallone dans Rocky… Rocky combien déjà ?

    • Ouais ouais ouais, ça y va sur les détail techniques mais ça oubli l’essentiel ! Le beaume de venise est un excellent rouge bien goutu fait avec grenache et syrah : ça cogne sous le soleil ! On le trouve aussi en muscat mais c’est pour les filles (je suspecte ta deuxième féminine de ne pas s’être réellement perdue).
      Donc le secret de ton dopage que tu ne veux pas dire a tes comparses c’est le rouge qui tabasse (et qui explique tes pseudo pertes de mémoire bien plus que l’age). Faut savoir lire entre les lignes :
      « une belle descente en zigzag »
      « Je peine à courir, j’ai très chaud et un début de nausée.  »
      « La descente se fait à vive allure et je sens que ça pousse derrière. […] c’est le moment d’attaquer. »
      Tu t’es même pas rendu compte que tu as ta serviette de table sur la tête.

      • Excellent 🙂
        J’ai du Beaumes-de-Venise dans ma cave (mon placard en vérité) tu penses bien !
        Je t’attends pour en partager quelques unes. J’ai aussi du Meursault pour les grandes occasions comme le jour où tu te décideras à rendre à ton père tes tenues de rando pour investir dans un équipement plus moderne 🙂

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