Marseille-Cassis 2013

Marseille Cassis 2013

Un récit de course sur bitume est une première sur Highway To Trail. C’est vrai qu’un chemin, escarpé de préférence et en pleine nature est mon terrain de prédilection. Mais n’allez pas croire que je ne pose jamais les pieds sur le bitume. Environ 40% de mon entrainement hebdo se fait sur route. Je fais même un peu de fractionné sur piste à l’occasion de mon unique course annuelle sur route… Marseille-Cassis.Affiche Marseille Cassis 2013

Cette course me donne l’occasion de participer à une grande fête populaire mais aussi de passer une bonne journée avec les collègues de la société qui m’emploi. En effet depuis 17 ans SFR est présent sur Marseille-Cassis et permet à plus de 250 collaborateurs de toute la France de vivre une course d’exception, considérée grâce à l’IAAF Road Race Label Events, comme l’une des 50 plus belles courses au monde. Rien que ça !

L’édition 2013 est ma troisième participation. La précédente date de 2011 où j’ai réalisé un temps honorable de 1:28’56”. J’espère évidemment faire mieux cette année même si j’ai le sentiment d’être moins bien préparé. Aucun doute pour ce qui est de l’endurance mais je manque cruellement de vitesse depuis la TDS et la longue préparation qui l’a précédé.

Pour l’heure SFR nous gratifie comme tous les ans d’une superbe soirée d’avant course. Cette année, elle à lieu au Fort Ganteaume à l’entrée du Vieux Port. Un grand merci à Isa, Lionel, Fred, les ostéos et toute l’équipe de bénévoles pour ces beaux moments de partage.

Marseille

Le lendemain matin, c’est avec un léger stress que j’arrive au rond-point du Prado. J’ai toujours un peu de pression avant une course mais je me rends compte qu’elle est plus importante aujourd’hui. Même blessé (j’ai une aponévrosite plantaire qui me gêne depuis deux semaines et qui m’empêche de faire le Marathon Nice-Cannes du 10 novembre prochain) je sens qu’il y a un record personnel à faire tomber aujourd’hui. Je sais d’avance que je me donnerai à fond pour honorer mon dossard privilégié… D’ailleurs privilégié ou pas, un dossard ça se respecte !

Je rejoins la camionnette SFR où Lionel est déjà à pied d’œuvre. Il charge sans relâche les centaines de sacs d’après course qui seront transportés vers Cassis dans moins d’une heure. Les collègues arrivent à leur tour. L’ambiance est décontractée et bon enfant. Comme chaque année, ça chambre et chacun estime son temps de course ou celui des copains. Les paris vont bon train. Cette année Pascal tient une forme olympique et ne se cache pas d’en informer ses rivaux qui rêvent de finir devant lui. Habituellement moqueurs, ils sont ce matin étrangement calmes.

Marseille Cassis 2013

Il est 8h30 et chacun va se perdre dans la foule qui commence à devenir impressionnante. Je me dirige au devant du départ pour entrer dans le sas 1h30. Je m’échauffe rapidement et me place parmi les coureurs, à une centaine de mètres derrière l’arche… Encore 30 minutes avant le départ. La foule est hallucinante. Cette année encore les 15.000 dossards du Marseille-Cassis sont partis en quelques heures. Je me trouve tout prêt de la tribune officielle où Nelson Monfort, invité par l’organisation, fait son show. D’autres personnalités de marque sont interviewées à leur tour. La pression monte à l’approche du top départ.

9h30, le départ est donné. Il faudra une trentaine de seconde avant de commencer à courir. Je peste… La zone est cernée de coureurs qui manifestement n’ont rien à faire ici. On ne compte plus le nombre de resquilleurs, trahis par leur numéro de dossard ou encore les bénéficiaires de passe-droits obtenus par le plus grand des mystères et sûrement pas par leur chrono des années précédentes. La grande majorité n’a absolument pas le niveau pour se trouver dans les sas 1h20 et 1h30. Dans l’absolu ça ne me poserait aucun problème si ces personnes ne créaient pas de bouchons. Ça ne viendrait absolument pas à l’idée de partir avec les kényans ou les éthiopiens. Bref…

Après 5 bonnes minutes de slalom je peux enfin courir convenablement. Le public est nombreux à Mazargues et l’ambiance est chaude comme la braise. J’ai eu un départ prudent et l’allure actuelle de 4’25/km me va très bien. Je dépasse et encourage le célèbre (vieux) garçon de café, parti en avant de la course et qui participe tous les ans à la fête. C’est une sacrée belle prouesse que de faire les 20 km du parcours un plateau à la main… Même avec les verres collés pour éviter qu’ils chutent.

Autour de moi les coureurs sont concentrés. Chacun est dans son effort et il est clair que des records personnels vont tomber pour bon nombre d’entre eux… s’ils n’explosent pas dans la redoutable montée de la Gineste. Je n’y suis pas encore mais elle approche. Il faut que j’arrive frais en bas de la montée car c’est à cet endroit que la course commence pour moi. Pour l’heure les sensations sont correctes, sans plus. Je n’ai pas mal au talon droit ce qui est déjà une bonne chose. Musculairement tout va bien mais le souffle est court. Je dois être entre 85 et 90% de ma FC soit la bonne fréquence cardiaque pour ce type de course. Tout est normal.

Les 6 kilomètres de faux plat deviennent de plus en plus raides à l’approche de Vaufrèges. Pas d’arrêt au ravitaillement mais je prends une petite bouteille d’eau et m’asperge allègrement le crâne et la nuque car il fait déjà très chaud. Gare à la surchauffe.

Ascension GinesteVirage serré à droite et la montée de la Gineste commence ! C’est parti pour 3 kilomètres de montée à 4,5% de moyenne. Elle atteint les 13% dans sa section la plus raide. La foulée change à mesure que la pente augmente. Elle devient plus courte, le corps se penche d’avantage en avant, le rythme cardiaque s’accélère de quelques pulsations. J’oublie l’espace de la montée le bitume et je m’imagine monter un sentier escarpé en pleine montagne. Le routard est redevenu traileur. Je dépasse par dizaine des coureurs déjà dans le dur. Moi, je suis dans mon élément. Dans l’effort certes, mais dans mon élément. Au fil des virages il devient de plus en plus difficile de garder le rythme mais il ne faut rien lâcher. J’aperçois cinquante mètres plus loin Patrice qui grimpe à belle allure. Il est nettement plus à l’aise qu’il y a trois semaines lors d’une sortie commune spéciale Gineste. Je ne le quitte plus des yeux. J’espère le rattraper avant le col car je sais qu’après il risque de disparaître loin devant.

Je gagne de précieux mètres à chaque virage. Un peu plus haut, c’est Jean-Philippe qui apparaît juste devant moi. Je ne m’emballe car je crains de revivre le même scénario qu’il y a deux ans. En effet, je les avais doublé dans la montée pour ensuite me faire rattraper et me laisser distancer à partir de Carpiagne pour ne plus les revoir avant l’arrivée. Cette fois aucune accélération que je risque de regretter. Je garde mon allure, veillant simplement à gagner tranquillement du terrain.

Fred 1Je double Patrice à l’approche du col de la Gineste qui marque la mi-course et le début de la partie rapide. Je lui lance un mot d’encouragement lui signalant que j’ai eu du mal à le rattraper, ce qui est la vérité. Je passe sans ralentir le ravitaillement situé au col en prenant soin à nouveau de me rafraîchir. L’organisation est très bien rodée car je peux attraper une bouteille sans perdre la moindre seconde. Quelques enjambées plus loin j’arrive au niveau de Jean-Philippe mais il accélère brutalement dès que le parcours est en descente. Je reste dans sa roue mais je perds toutefois quelques précieux mètres.

Fred 2Cette année j’éprouve moins de difficulté dans la longue partie qui rejoint Carpiagne. Pourtant je fonce ! Cette seconde partie du parcours est décisive et il faut être en mesure d’accélérer pour espérer faire un bon chrono. À chaque bosse je gagne du terrain sur Jean-Philippe mais je me fais très vite distancer dès que pente s’inverse. Sa technique en descente est impressionnante d’efficacité.

Je file maintenant vers Cassis à une vitesse qui frise les 17 km/h. En comparaison les premiers de la course doivent passer autour de 28 km/h… À cette heure ils doivent déjà être en train de se faire masser. La foulée se fait un peu plus longue mais pas trop. Je reste très vigilant à la pose de pied lors de cette descente rapide. Je garde une superbe foulée médio-pied, chère à pasaprespas, qui permet de dévaler la pente avec le minimum de contrainte mécanique et surtout de préserver ses articulations.

Tout va bien à l’approche du camping des Cigales qui marque l’entrée dans Cassis. Encore 3 kilomètres où il va falloir s’accrocher. Le parcours alterne entre légères bosses et descentes plus raides jusqu’à la fameuse côte des Pompiers. Cette montée peut faire sourire car elle ne dépasse pas les 5% mais à ce niveau de la course elle est redoutable. Je serre les dents pour ne pas perdre le rythme dans la montée. Je passe néanmoins de 17 à 12 km/h dans les 300 interminables mètres que compte cette montée. À la limite de l’asphyxie je relance pour le dernier kilomètre tout en descente. J’entends les clameurs de la foule sur le port de Cassis. Encore quelques minutes et je serai parmi elle !

Fred MK6Jean-Philippe est toujours devant mais il est à présent hors de portée. J’ai besoin d’un nouveau lièvre pour aller chercher le supplément d’énergie qui permettra de m’arracher jusqu’à la fin. Ce coureur quinze mètres devant fera l’affaire… Je dépasse les 20 km/h dans la dernière descente. Virage à gauche, le port est tout prêt. Virage à droite, courte descente puis j’entre sur le port !

Fred MK6La foule est là, compacte et survoltée. Le port est inondé de banderoles. Certaines servent de support publicitaire, d’autres d’étendards à la gloire de coureurs anonymes. Le public hurle les prénoms inscrits sur nos dossards lors de notre passage. L’espace de quelques secondes nous devenons les héros de toute une ville. Les coureurs autour de moi s’arrachent dans un ultime effort. Le public est ravi. Les pavés du port semblent se prolonger à l’infini. C’est dur mais je ne laisserai pas la meute de coureurs qui me succède revenir sur moi. Je lève la tête et vois le chrono d’arrivée. Il affiche 1:26’13”. Je réalise alors que je n’ai pas regardé une seule fois ma montre durant la course. Malgré tout je ne suis pas surpris par ce chrono car les sensations étaient prometteuses. Quelques secondes plus tard je franchi l’arrivée à bout de souffle.Fred MK6

Je constaterai après coup avoir atteint ma FC Max lors du sprint final. Voilà trois ans que je n’arrivais plus à l’atteindre malgré l’intensité de certains entraînements. Ma FC moyenne atteint les 92%, soit quasiment celle d’un 10 km. C’est dire si l’effort d’aujourd’hui a été extrême. Mon temps officielle est de 1:25’08” soit une bien belle progression par rapport à mon chrono de 2011, le tout sans préparation spécifique. 2013 est décidément pour moi une très belle année sportive !

Sur le plan collectif, SFR remportera la seconde place du Challenge Entreprises sur 151 sociétés engagées. Une magnifique performance ! Il faut savoir que 3 coureurs de SFR sont sous la barre des 1h20. La meilleure performance, obtenue par Romain Pozzo Di Borgo, est de 1:10’27”. Respect !

MK6

Nous terminerons cette belle journée autour d’un buffet pantagruélique dans la tente SFR. Chacun refait la course et partage ses émotions. Cette année encore Marseille-Cassis a été un dur combat contre soi-même. Pour certains le chrono fut un allier, pour d’autre le signal qu’il est temps de se remettre sérieusement à l’entraînement. Une chose est certaine, nous serons tous à nouveau au rendez-vous l’année prochaine !

Crédits photos : Frédéric Tchalekian et Maindru Photo

Voir la trace GPS sur Movescount

Dossard Marseille Cassis

Résumé Marseille-Cassis 2013

Distance

Dénivelé

Chrono

Classement

FC Moyenne

Lieu

20 km

327 D+

01:25:08

409/15.000

(129 V1M)

168 bpm

92%

Marseille

Cassis

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25 réflexions au sujet de « Marseille-Cassis 2013 »

  1. le gros diesel d’ultra à l’air bien décrassé !
    bravo pour ce joli chrono. Soigne bien ton aponévrose. J’en ai une qui me chatouille et je passe mes journée de bureau avec une balle de golf sous la plante. C’est très efficace 😉

    • Je ne pensais franchement pas faire ce temps. Comme quoi le fartlek reste un bon moyen de faire un peu de vitesse sans avoir l’impression de tourner en rond 🙂

      Pour l’aponévrose, moi c’est la balle de tennis mais ça marche moyen car c’est trop gros et pas assez dur. La balle de golf me semble effectivement plus appropriée. Je vais tester !

  2. Comme toujours un récit plus que sympathique à lire, de belles photos. Il parait que cette course n’est pas si facile que ça donc félicitation pour ton joli chrono surtout après avoir fait la TDS. J’adore l’affiche de la course, je la trouve super originale ! Elle donne envie.

    Je vais m’inscrire au tirage au sort pour l’OCC, la petite dernière de l’UTMB. Si jamais je suis retenue, je viendrai surement te demander deux/trois petites choses, quelques conseils si cela ne te dérange pas bien sûr 😉
    Bonne récup et bon week-end

    • Marseille-Cassis c’est mythique et à faire au moins une fois dans sa vie de coureur même si la foule (indisciplinée) peut rebuter un peu. Concernant l’affiche, la particularité de Marseille-Cassis est que « l’identité visuelle » change radicalement tous les ans ce qui donne l’impression de ne jamais faire la même course… En tout cas tu n’as jamais les mêmes tee-shirts.

      Je suis heureux que tu t’inscrives à l’OCC, n’hésite pas ! Faire une première, c’est magique. J’espère sincèrement que tu seras tiré au sort. Dans tous les cas, n’hésite surtout pas à me demander des conseils.
      Sache que si tu fais partie des élues, je ne vais pas te lâcher car l’entraînement commencera alors dès début janvier. Croisons les doigts…

      • Arfff, L’appel du dossard commence à me titiller méchant! Les objectifs sont à très courts termes et l’entrainement au feeling en fonction du temps disponible, de la fatigue… Mais priorité à la famille, un enfant c’est magique et ça grandit si vite!
        @+

    • Faut aussi montrer à tous ces routards que les traileurs ne sont pas que des diesel 🙂
      Alors comme ça tu nous laisses ? Tu arrêtes le trail…
      J’espère que le virus va vite te reprendre. Mais comme tu dis, place au ski ! Veinard.

  3. Pour quelqu’un qui aime pas la route, t’as bien galopé,
    J’ai eu des images de ma course de l’année dernière qui me sont revenu en lisant ton CR.
    Par contre les vitesses n’avait rien de comparables.
    Remets toi vite de ton aponévrose, et encore félicitation le « Vieux » pour ton chrono 😉

    • Tu croyais peut-être que j’allais te laisser progresser sans réagir ? 🙂
      Quant à la route, c’est pas que je ne l’aime pas, c’est surtout que j’aime trop les sentiers en pleine nature.
      Bonne préparation pour ta course en vallée de Chevreuse.

      • je te comprends de plus en plus pour ce qui est des sentiers et encore les miens non rien à voir avec les tiens.
        Bon en 2014 je vais redoubler d’effort pour rattraper mon retard 😉 en attendant je vais me faire plaisir en vallée de Chevreuse

      • Y’a pire niveau paysage que la vallée de Chevreuse 🙂
        J’ai bien senti ces derniers temps ton irrésistible attirance pour le trail.
        Attention, si tu mets les pieds dedans, tu risques d’être mordu à tout jamais !

  4. Encore un beau récit, encore une belle course et encore un beau chrono!
    C’est à croire que 2013 est vraiment ton année sportive (enfin depuis que je lis ton blog du moins…)
    Dommage pour ta blessure et pour le marathon que tu n’as pas pu faire, je suis sûr que tu aurai explosé ton chrono aussi!
    Bon rétablissement

    • J’espère que 2014 sera aussi bien !
      Ma blessure va mieux, je te rassure. De plus, elle ne m’empêche pas de courir même si j’y vais quand même beaucoup plus cool.
      Quant au marathon, ce n’est que partie remise. J’en choisirai un mais je ne pas trop lequel et quand… L’idée et de faire le minimum de tentatives pour le terminer en moins de 3 heures pour ne plus avoir à y revenir. Je préfère nettement plus le trail et préparer un marathon est chronophage.
      Actuellement, je pense raisonnablement être entre 3h05/3h15. J’aurai donc besoin d’une prépa un peu sérieuse pour descendre sous la barre des 3 heures. Ne me reste plus qu’à trouver 8 semaines pour ça…

      • Je l’espère pour toi.
        Après si tu soignes bien ta blessure et que tu continues à t’entrainer comme ça, il n’y a pas de raison !
        C’est vrai que dans mon club quand il y en avait qui préparaient un marathon je les plaignais, c’est long, c’est du bitume, c’est tout le temps la même allure …
        La barre mythique des 3h ! Tu as l’endurance (enfin, après la TDS et la prépa j’espère! haha) un peu de vitesse, de seuil et de résistance, elle est à toi 😉

        Bon bha, courage pour les 8 semaines alors

  5. Ping : 2013 pour toujours ! | Highway To Trail

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