Trail du Grand Luberon 2014, une édition XXL

Bandeau Trail du Grand Luberon 2014

TGXL 2014C’est ma quatrième participation au Trail du Grand Luberon et la troisième fois que je vais parcourir le TGXL. Mon meilleur temps date de 2012. J’avais parcouru les 40 kilomètres et les 2200 mètres de dénivelé en 4 heures et 48 minutes. L’année d’après, en compagnie de Jeff, nous faisions un peu moins bien en mettant 4 minutes de plus (voir mon récit de 2013). J’espère battre cette année mon record personnel mais j’ai le sentiment que le meilleur est derrière moi et qu’il sera compliqué de faire mieux que ce temps inespéré de 2012. Je pense avoir nettement progressé depuis cette réalisation mais j’ai encore dans les jambes ma course du week-end dernier, à savoir le Trail de Mimet où j’ai beaucoup donné.

C’est avec les jambes en coton que j’entame la première portion qui me conduit au pied du Grand Luberon. Les années précédentes ce long chemin roulant de 4 kilomètres m’avait rapidement mis dans le rouge. Cette année je suis beaucoup plus prudent, aidé malgré moi par de mauvaises sensations qui me forcent à ralentir.

Arrive le premier single et la première montée raide de deux kilomètres qui va nous conduire au sommet du Grand Luberon. J’arrive à trottiner le premier tiers mais sans forcer car je sais qu’il faut arriver frais à Auribeau (km 12) au risque de souffrir par la suite. Je dois être positionné dans les 50 premiers. La montée est parfaitement fluide, pas de bouchon sur le sentier caché sous les arbres. Quelques coureurs me dépassent mais je ne m’en inquiète pas. D’expérience je sais que je les retrouverai dans quelques heures.

TGXL 1Me voilà enfin sur les crêtes. C’est parti pour deux kilomètres de montagnes russes sur une partie bien roulante. L’année dernière, nous étions dans un brouillard épais à la même heure. Cette fois, le ciel est parfaitement dégagé et la vue s’étend à 360°, c’est superbe ! De plus, une légère et fraîche brise nous empêche de ressentir les premiers effets de la chaleur. Ici encore des coureurs me dépassent, probablement grisés par la succession de petites descentes sur pente herbeuse.

TGXL 2

Au loin j’aperçois le point culminant, le Mourre Nègre, caractérisé par la présence d’une imposante tour de télécommunications. Nous l’atteindrons au retour par le versant ouest. 500 mètres avant d’atteindre le sommet, le chemin bifurque à droite et plonge dans une épaisse forêt. C’est maintenant la descente vers Auribeau, quatre superbes kilomètres très ludiques et rapides où il faut toutefois savoir préserver ses quadris. Des coureurs atteignent des vitesses hallucinantes en descente. À nouveau je suis convaincu de les retrouver plus tard…

TGXL 6

Je prends un plaisir immense dans cette descente qui est un de mes passages préférés de cette course. La brève section dans un pierrier est carrément jouissive. J’ai beau connaître par cœur cette course j’y participe toujours avec autant de bonheur. C’est finalement tout juste chaud que j’arrive au premier ravitaillement situé en plein cœur du magnifique petit village d’Auribeau. Les mauvaises sensations du début sont estompées, la course peut enfin commencer !

J’ai assez d’eau dans mon sac, du coup mon arrêt au stand ne dépassera pas la dizaine de secondes. Je ressors du village par où je suis arrivé puis tourne à droite pour prendre un single qui grimpe jusqu’à la chapelle médiévale de Saint Pierre qui domine Auribeau 130 mètres plus haut. Cette année tout se passe à merveille dans cette montée. Aucune sensation de fatigue, ça déroule parfaitement et je commence à doubler du monde. C’est peut-être un signe…

À peine le temps d’admirer le site médiéval de Saint Pierre qu’il faut accélérer pendant deux kilomètres sur une large portion roulante. Dans les sous-bois la fraîcheur est agréable. Je ne pense pas qu’on connaîtra cette année la même chaleur sur la fin de parcours que l’année précédente et c’est tant mieux. Le rythme est élevé mais sans être intense. Je me préserve car il y a encore quelques montées raides à négocier et de longues sections roulantes où il ne faudra pas trainer.

TGXL 3

Je rejoins le GR 92 à proximité de la Baume de Peyrot puis le quitte un peu plus loin en bifurquant à droite. Le single s’élève alors dans un long pierrier d’une cinquantaine de mètres. La montée est courte mais difficile car les petites pierres roulent sous les chaussures et ont tendance à vous faire reculer au lieu de monter… Je commence à ramasser des coureurs à la peine. J’ai le souvenir d’avoir souffert également l’année passée mais cette fois tout va bien !

Le sentier continue de grimper sur quelques kilomètres mais il est bien moins raide et me permet de relancer à plusieurs reprises. Je laisse sur place des coureurs dans le dur. Les kilomètres qui suivent alternent combes profondes et crêtes dégagées. J’adore cette partie du parcours, sauvage, humide et très verte. Les kilomètres s’enchaînent sans difficulté et surtout sans lassitude. Je sais que très bientôt je vais arriver à un endroit encore plus beau.

TGXL 7

Ce très bel endroit est le kilomètre de sentier qui succède la ferme auberge Le Castelas et qui emprunte le GRP Tour des Claparèdes, un circuit d’environ 20 km au sud du pays d’Apt qu’il faudra absolument que je fasse un jour. Pour l’heure je cours sur une superbe voie romaine qui serpente les flans du Grand Luberon. Le large sentier est bordé d’un muret de pierres qui a traversé les âges. Au-delà du muret le paysage est a couper le souffle et s’étend jusqu’au Mont Ventoux. Le lieux est chargé d’histoire et on imagine fort bien pèlerins et bandits de grands chemins y être passés des siècles auparavant.

Le chemin reprend le fond d’un vallon. Le profil est plat mais se redresse au fur et à mesure que j’avance. J’arrête de courir dès que la pente devient significative et je marche d’un bon pas. Je ne vois personne devant et personne derrière. Je quitte alors le large chemin pour prendre un single qui grimpe à gauche jusqu’aux crêtes. J’ai dépassé la mi-course. Désormais c’est retour à Cabrières-d’Aigues !

Arrivé au sommet, un joueur de clarinette n’attend que mon passage pour me jouer un air. j’apprécie le geste et je sors momentanément de ma bulle pour le remercier. Je suis maintenant sur un large chemin carrossable et je file vers le second ravitaillement situé un kilomètre plus loin. Il n’y a plus franchement de difficulté maintenant. Il va falloir aller vite malgré la fatigue qui commence à se faire sentir.

Je rattrape encore des coureurs en arrivant au ravitaillement. Je fais le plein d’eau et je repars aussitôt. Je bascule sur un single qui slalome à travers les pins et la garrigue, non mécontent de quitter la large piste monotone. Les trois kilomètres suivants alternent courtes montées et descentes en forêt sur le flan sud du Grand Luberon. C’est rapide et il faut éviter les buis et les jeunes chênes qui parsèment cette portion. Ensuite une belle remontée nous rapproche du Mourre Nègre. Il est tout près, à moins de deux kilomètres mais ça grimpe encore un peu…

TGXL 5

Depuis quelques minutes le parcours a rejoint celui du 25 km et je double de très nombreux retardataires… Par grappe de coureurs par moment. Dans le lot se cachent des coureurs du 40 km perclus de crampes. Je ne me pose pas de question, je fonce ! J’arrive enfin à la tour de télécommunications puis le sentier retrouve un profil descendant. Plus que 10 kilomètres !

TGXL 4

J’avale encore quelques bosses sur les crêtes puis je plonge à droite pour attaquer la dernière longue descente. Un coureur, que j’avais dépassé quelques minutes auparavant, semble avoir repris du poil de la bête et me double à grande vitesse avant que le sentier se rétrécisse. Mince ! Je ne l’avais pas vu venir. C’est bien le signe qu’il ne faut pas s’endormir et se forcer à garder un bon rythme. Piqué au vif, j’accélère mais reste toutefois prudent dans la descente qui a vu plus d’un coureur chuter lourdement.

Mon coureur a disparu, il doit être loin devant maintenant. Je dois vite en reprendre un autre en chasse pour garder l’influx nerveux qui m’aide à ne pas ralentir. Mais à part des coureurs du 25 km, il n’y a pas foule devant… J’approche le dernier ravitaillement situé en bas de la descente. Beaucoup de monde arrêté et beaucoup de bruit. Cette fois je n’ai pas droit à un joueur de clarinette mais à deux batteurs de rock. Autre endroit, autre ambiance. C’est parfait pour donner le rythme des 6 kilomètres restants.

TGXL 8

C’est à 13 km/h que j’attaque la longue portion roulante avant d’être cassé dans mon élan par la dernière bosse, pas longue certes mais suffisamment raide pour brûler les cuisses. En approchant le sommet de cette côte j’aperçois, une centaine de mètres devant, le coureur qui m’avait laissé sur place dans la dernière descente. Voilà une occasion de repasser devant !

Je le doublerai à nouveau quelques centaines de mètres plus loin, au niveau du ravin des Vaucèdes. Il a l’air complètement cuit. Je l’encourage et lui demande de s’accrocher derrière moi mais il ne restera pas très longtemps dans ma roue. Cabrières-d’Aigues est tout proche maintenant. J’accélère autant que je peux. Ça commence à faire mal, surtout dans les derniers coups de cul mais je ne lâche rien car dans moins de 5 minutes ça en sera terminé de la souffrance.

Je me décide enfin à jeter un œil à mon chrono… Yes ! Mon record personnel est d’ores et déjà battu ! Ça me donne du jus supplémentaire pour finir en beauté à une allure moyenne de 4’30 min/km sur le dernier kilomètre. C’est heureux et avec le sentiment du devoir accompli que je passe l’arrivée en 4 heures et 35 minutes soit 13 minutes de mieux que mon meilleur temps ! C’est inespéré au regard du départ un peu poussif de ce matin.

Peu de temps après, je retrouve Thierry, le blogueur Gapençais que je n’avais pas croisé sur une course depuis un bon moment. Il était aligné sur le 25 km et termine 16ème au scratch, une très belle performance qui va lui permettre de gagner de précieux points qui compteront pour le Challenge des Trails de Provence. Nous partagerons ensemble notre repas d’après course. Je terminerai enfin cette belle journée en compagnie de Lionel et Renaud, eux aussi alignés sur le 25 km. Un grand merci aux bénévoles et aux organisateurs qui, cette année encore, nous ont concocté une édition de grande qualité.Dossard TGXL

Crédits Photos : Akuna/UltraMag, CAVAL Pertuis

Voir la trace GPS sur Movescount

Résumé Trail du Grand Luberon 2014

Distance

Dénivelé

Chrono

Classement

FC Moyenne

Lieu

40 km

2200 D+

4:35:26

24/144

(12 V1M)

146 bpm

80%

Cabrières

d’Aigues

 

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12 réflexions au sujet de « Trail du Grand Luberon 2014, une édition XXL »

    • Merci Antoine.
      C’est clair que le Luberon te changerait des environs de Strasbourg… Qui sont très chouettes également mais dans un autre style.
      L’avantage est d’avoir une vue qui porte sur une centaine de kilomètres à la ronde. On voit même la ligne blanche des Alpes 😉

  1. C’est marrant t’as pas l’air d’avoir énormément souffert, pourtant j’ai eu mal en te lisant. Peut être parce que je suis encore malade mais personnellement j’aurais sans doute décédée sur le parcours. Félicitations pour la course et pour le nouveau record! Bien ouéj!

    • Effectivement ce parcours n’est pas ce que j’ai rencontré de plus exigeant. Ce qui est difficile c’est de toujours garder un bon rythme au risque de voir les minutes s’envoler. Pas d’effort extrême sur ce parcours et cette distance mais pas vraiment de temps calme non plus.
      Quant à ce que tu meures sur cette course, je ne pense pas… Y’a bien un âne, un renard ou un sanglier qui t’auraient ressuscité 🙂

    • Pour l’instant tout va bien, je croise les doigts. Le gros de la saison arrive maintenant…
      Il faut que je reste confiant dans ma préparation, elle me permet de garder un bon niveau de forme toute l’année sans trop en faire. Tout est relatif mais je pense respecter les temps de récup dont j’ai besoin.

    • Thanx !
      Les mecs plus forts je finis par les avoir à l’usure… ils finissent à un moment par se blesser et là j’en profite en sortant des bosquets 🙂

  2. Pouah, 2000m de D+ et 4h35 ? Va falloir que j’enchaîne sur le D+ moi ! Mais j’ai aussi comme l’impression que c’était assez roulant cette affaire ! Mais quand même. Même sur la plus belle pelouse, je finirais en 6h ! Chapeau

    • C’est surtout une bonne gestion de l’effort qui fait la différence je pense. Certes faut aussi manger un peu de dénivelé c’est clair (j’en suis à 33000 m D+ depuis le début de l’année)… Une bonne vitesse aide pas mal… Puis être un bon descendeur aussi. Je ne te parle même pas du mental 🙂
      Le trail fait appel à une palette d’aptitudes qu’il faut savoir activer au bon moment et une erreur peut se payer des heures après. D’après moi l’issue d’une course sur route se décide à l’entraînement (la plupart du temps), dans le trail y’a surtout le « talent du moment » et l’expérience qui entrent en ligne de compte.

      • Oui, il y a trop de paramètres inconnus à l’entraînement en trail. Sur route, à part la météo, tout est prévisible, « préparable », et tu peux courir l’oeil sur la montre, et ensuite c’est purement mental (mais ça reste une qualité à gérer aussi !). Le trail me paraît (j’utilise ce verbe, en tant que bizut) plus complexe, il faut gérer des paramètres techniques / météo / mentaux / physiques bien plus vastes (je l’ai un peu subi à mes dépends…). C’est d’autant plus intéressant cela dit !

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