Trail du Cousson – Les routes du temps

Bandeau Trail du Cousson

CoussonUn mois et demi après la TDS nous nous retrouvons avec Jeff pour la dernière course longue de l’année, le Trail du Cousson. Voilà quelques années que ce trail m’attire. Je connais peu la région de Dignes-les-Bains, à part la très belle via ferrata du Rocher de Neuf Heures qui surplombe la ville. D’autre part les photos qui illustrent le site de la course – les mêmes que celles qui illustrent ce récit –  donnent franchement envie.

Depuis Chamonix l’entraînement a été très léger puisque je compte à peine une sortie par semaine. C’est donc avec la volonté de prendre un maximum de plaisir sans forcer que je prends le départ. A mes côtés, Jeff bien sûr mais aussi Dominique, un collègue de travail de Jeff ainsi que Thierry, un ami blogueur de Gap qui se lance aujourd’hui sur sa plus longue distance en compétition. 45 km et 2500 mètres de dénivelés nous attendent sur un parcours majoritairement boisé.

Le temps est à la pluie… Le ciel est gris et menaçant même si peu de gouttes sont tombées jusqu’à présent. Mais il est fort probable qu’on se prenne une bonne rincée dans la matinée. Heureusement la température est douce en cette deuxième semaine d’octobre qui a encore cette année un parfum d’été indien. Près de 200 coureurs ont pris le départ. Apres le grand barnum de Chamonix on aurait presque l’impression de faire une course entre amis.

Cousson 1

Notre départ est lent, tranquille. On prend le temps de discuter et de profiter du paysage qui promet d’être somptueux. L’automne nous offre une splendide palette de couleurs allant du vert au jaune en passant par l’orange. Quel plaisir de courir dans les bois sur un sol meuble et régulier. Ça change radicalement du terrains sec et caillouteux du pays d’Aix. Pas besoin d’attention soutenue. L’esprit peut se permettre de vagabonder sans risquer de se prendre les pieds dans les pierres.

Au cinquième kilomètre Thierry me lâche. L’écart commence également à s’allonger entre Jeff et moi. Il me rattrapera sûrement à la prochaine descente. Même si mon objectif est de faire une course tranquille, l’idée est aussi de la faire à mon rythme, que je sois devant ou derrière les copains. Passé le sixième kilomètre le sentier devient plus escarpé et nous progressons au fond du très joli ravin de l’Aubrée où nous pourrions presque passer la main sous la superbe cascade que nous admirons de l’autre côté tellement elle nous paraît proche. Le sentier devient plus raide le temps t’atteindre le plateau se trouvant environ 150 m plus haut. Le sentier continu de grimper tranquillement jusqu’au lieu-dit des Dourbes où se trouve le premier et second ravitaillement. En effet, face à nous se dresse la barre rocheuse des Dourbes de la montagne de Coupe que nous allons grimper puis longer par les crêtes pour ensuite la redescendre et revenir au même endroit. Une prometteuse boucle montagnarde à venir !

Cousson 3

Pour l’heure l’ascension commence par un kilomètre de bitume sur lequel je rattrape pas mal de monde. Je suis toujours aussi surpris de mon efficacité sur route persuadé à chaque fois que c’est sur ce terrain que je suis le moins bon. Je trottine allègrement en montée alors que d’autres commencent à marcher. Nous quittons ensuite le bitume pour un étroit single qui grimpe droit dans la pente… Les hostilités commencent !

La montée jusqu’au Pas de Labaud à 1685 mètres, soit plus de 500 mètres de dénivelés, se fait sans problème. Mon pas est rapide et léger. Je grimpe sans impression de difficulté, j’ai finalement des bons restes de la TDS. Si ce n’est cette douleur au genou gauche que je me traîne depuis l’après Chamonix… Pour l’instant la douleur n’est pas très vive mais elle va aller crescendo et je ne suis pas encore à la moitié du parcours…

Cousson 5

Sur les crêtes le vent se lève et j’enfile rapidement un vêtement adapté. Le chemin est en fait une succession de roches plates en dévers rendues très glissantes à cause des fortes pluies de la veille. Pas moyen d’enchaîner plusieurs foulées. Je trouve ce passage un peu pénible, la concentration m’empêchant d’admirer le superbe paysage qui s’étant sur 360 degrés.

Le Pas de Tartonne marque la fin des crêtes. Nous descendons d’une cinquante de mètres pour nous retrouver cette fois au pied des imposantes falaises. Le sentier longe les roches sur plusieurs centaines de mètres où forêt primaire et minéraux se partagent les lieux. Ce passage est superbe et très ludique, le jeu étant de sauter à grande vitesse les nombreuses souches qui nous barrent la route. Un beau moment !

Cousson 4

Au pied de la montagne nous reprenons une courte portion de bitume, en descente cette fois. Un nouveau passage au ravito des Dourbes et le sentier plonge à flan de collines en empruntant plusieurs combes et ravins tous plus beaux les uns que les autres. La végétation et les sols sont variés. Le moment fort de cette portion restera le court mais sublime passage sur les terres noires au fond d’un petit ravin creusé par l’eau formant des sortes d’arabesques naturelles en trois dimensions.

Cousson 8

Quelques kilomètres plus loin nous traversons le Torrent des Eaux Chaudes qui alimentent les thermes de Dignes. Passé le torrent, le sentier grimpe à nouveau sur 8 kilomètres avant l’ultime descente vers l’arrivée. J’ai un bon coup de mou durant la longue montée en pente douce du ravin de Richelme. Plus qu’une fatigue physique c’est un bon coup au morale que je subis. La douleur lancinante de mon genou m’agace et me détourne du plaisir que j’éprouvais jusqu’à maintenant. Désormais j’ai hâte d’en finir.

Cousson 2

Je quitte le large sentier en fond de vallon pour emprunter un single qui grimpe à l’attaque du Cousson, le point culminant de la course à 1516 mètres. Pour l’instant j’ai encore 5 ou 6 kilomètres à parcourir pour rejoindre le sommet. Ça ne grimpe pas très raide et je cours par intermittence. Courir tout le long serait possible mais je n’ai plus la volonté. Je préfère alterner course et marche sur ce très beau single en forêt situé sur l’un des versants du Cousson. Je discute avec quelques coureurs pour oublier la lassitude qui devient de plus en plus prégnante.

Le mental revient quelques kilomètres plus loin, dès que la pente s’élève pour rejoindre le sommet. Je double bon nombre de retardataires du 30 km qui a pour effet de me booster dans la dernière courte mais très raide montée au sommet. C’est fait ! Maintenant c’est 5 kilomètres de descente. A peine le temps d’admirer la ville de Dignes vue du ciel qu’il faut basculer dans une pente herbeuse hyper raide qui fait très mal aux genoux, surtout le gauche…

La pente s’adoucit et le sentier en léger dévers devient plus roulant. Le chemin est recouvert de feuilles de chênes ayant toutes les couleurs que l’automne est capable de produire. C’est splendide ! Le rythme s’accélère car l’arrivée approche. Il suffit de se laisser aller dans la pente en évitant la mauvaise chute que près de 6 heures de course peuvent engendrer. Le genou est maintenant très douloureux mais il reste presque rien. Allez Fred, accroche-toi !

Cousson 7

Je sors enfin du bois et aperçois un peu plus bas l’arrivée. Un dernier effort et c’est gagné. Je me rends alors compte que le soleil est bien présent et j’ai très chaud… Comme si le climat avait basculé sans que je m’en rende compte. Thierry est là et me félicite. Il est arrivé depuis une dizaine de minutes. Je le félicite à mon tour car il a réalisé une très belle performance pour son premier trail de 45 km avec une très belle 33ème place. Jeff arrive trois minutes après moi. Lui aussi aura réalisé une très belle course d’autant que le dimanche précédent il était présent sur le 55 km du Gapen’Cimes. Dominique rejoindra la fine équipe une quarantaine de minutes plus tard, apparemment très satisfait de sa course.

Un grand merci aux organisateurs et bénévoles pour ce magnifique parcours. Le prochain rendez-vous est le trail nocturne de Bonnieux que j’ai fait à trois reprises (voir mes récits de 2012 et 2013). Mais cette année je le fais en relais avec Jeff, soit les premiers 10 km sur un profil montant. Jeff aura la charge des 15 derniers sur un profil roulant et majoritairement descendant. Un vrai défi car à nous deux nous visons un podium au scratch. Au regard des résultats du relais de l’an dernier, c’est jouable… Réponse le 22 novembre prochain.

Dossard CoussonCrédits Photos : Trail du Cousson

Voir la trace GPS sur Movescount

Résumé Trail du Cousson 2014

Distance

Dénivelé

Chrono

Classement

FC Moyenne

Lieu

45 km

2500 D+

6:01:16

45/172

(14 V1M)

150 bpm

82%

Dignes

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8 réflexions au sujet de « Trail du Cousson – Les routes du temps »

    • Ben ça alors ! C’est franchement dommage de ne pas s’en être parlé avant.
      Ça n’est que partie remise car j’ai bien l’intention de venir un jour dans ta région faire le Trail des passerelles du Monteynard.
      En attendant je cours dévorer ton récit !

      • Et préviens moi si tu te décides un jour pour les Passerelles!! Merci pour ton message sur mon CR 😉

    • Ce sont ces photos qui m’avaient donné envie d’y participer.
      Les photos des marnes noires correspondent aux parcours de l’an dernier et… de l’année prochaine. En effet, cette année une interdiction préfectorale (qui n’aura à priori plus cours l’année prochaine, heureusement) nous a empêché de passer à certains endroit du parcours officiel. La raison de cette interdiction à pleurer de rire : la protection de la vipère d’Orsini. C’est bien connu que la vipère aime stagner sur les sentiers, surtout quand 400 coureurs passent à proximité…

      • Ça me rappelle la course des Terrils cette année… La course était autorisée mais les spectateurs interdits pour ne pas gêner, les animations habituelles également, et on nous avait demande de faire notre course sans faire de bruit! Je ne suis pas contre les écolos, mais bon ce n’est pas une journée par an qu’on va totalement perturber la faune environnante!…

    • Merci Aurore !
      La fin de l’année va être plus light. Place maintenant aux petites courses rapides comme le Trail nocturne de Bonnieux que j’ai fait samedi dernier et dont j’espère mettre en ligne le CR rapidement.

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