Trail nocturne de Gémenos

Trail de Gémenos 2014Trail nocturne de Gémenos

Le Trail de Gémenos est devenu un rituel, l’évènement à ne pas manquer. Je sais, ce n’est qu’une petite course locale au profit du Téléthon mais elle est devenue au fil des années la course de clôture où tous les copains sont au rendez-vous. C’est l’occasion de se tirer la bourre et de régler ses comptes.

L’année dernière j’avais fait une très belle course… Une si belle course que collègues et connaissances comme Patrice, Jeff, Antoine ou Sylvain aimeraient bien prendre leur revanche. Ils sont donc nombreux cette année à vouloir ma tête d’autant qu’ils semblent tous affûtés comme des couteaux de boucher.

Les deux semaines qui précèdent la course j’augmente sensiblement mon volume d’entraînement mais j’augmente surtout l’intensité avec du fractionné en côtes, histoire de dérouiller la machine un peu trop habituée aux efforts longs. C’est aussi l’occasion de décrocher sur Strava quelques « KOM » sur des segments positionnés autour de chez moi.

3 jours avant le grand rendez-vous, je décide de tenter de battre mon record personnel d’un parcours que j’aime particulièrement, la « Killing Bode ». C’est un redoutable parcours que j’avais peaufiné de toute pièce lorsque je travaillais sur l’Estaque. L’idée était de réaliser un circuit avec le maximum de difficultés pour l’heure d’entraînement dont je disposais. La « Killing Bode », pour les collègues qui la connaissent, est un parcours test, une sortie où on sait d’avance que, même en mode « cool », on va en baver. Je kiffe tellement ce parcours que je lui ai consacré un article.

Et la tentative de record alors ? Oui, j’ai réussi enfin à battre mon record personnel que je n’avais pas réussi à battre depuis juillet 2012 ! Je gratte 1 minute et 9 secondes, soit un nouveau temps de 55’35″ qui ne demande, par ailleurs, qu’à être battu par tous ceux qui me feront la joie de parcourir ce terrain d’entraînement digne d’un parcours du combattant.

Bref, j’informe mes collègues de travail de ce nouveau record, histoire de mettre un peu la pression à 3 jours du rendez-vous qui nous préoccupe. C’est donc avec un avantage psychologique que j’arrive samedi en fin d’après-midi récupérer Jeff pour nous rendre à Gémenos. Il pleut depuis deux jours. Le terrain promet d’être boueux.

Nous arrivons quelques minutes plus tard à Gémenos. Malgré le mauvais temps, pas de faux plans pour les copains. Tout le monde est là et prêt à en découdre. Le catch dans la boue peut commencer !

C’est partie pour 15 km et près de 750 m D+. Rien de bien impressionnant mais les 1h20 qui vont suivre promettent d’être intenses. Malgré la pluie et le froid je coure en short et tee-shirt avec toutefois un léger coupe-vent pour me protéger du froid sur les crêtes. A la taille je porte ma ceinture Salomon S-Lab Advanced Skin Belt Set… Un porte bidon ultra léger en d’autres termes. Je suis parti dans les 30 premiers et je grappille rapidement quelques places dès la pente devient plus raide. Je ne m’affole pas et gère mon effort car même si la pente n’est pas excessive, elle fait plus de 4 km. De plus il faut arriver au sommet dans les meilleures conditions pour pouvoir accélérer sur la seconde partie de la course.

Dans la montée un coureur me rejoint et commence à me défier. Surpris sur le moment, je me rends compte à la lueur de ma frontale qu’il s’agit de Sylvain, un traileur avec qui j’avais fait la course l’an dernier et que j’ai battu de moins de 3 minutes après qu’il ait lâché dans les derniers kilomètres. A la vitesse où il me double, il prend une sérieuse option sur sa revanche. Mais nous ne sommes qu’au premier tiers de la course et je suis persuadé qu’il va encore se passer des choses.

J’arrive au sommet en 29’35″ (1 minute de moins qu’en 2013). J’ai du mal à me repérer à cause du brouillard et de la pluie, transformée là-haut en neige fondue. Le vent souffle fort, je ne suis pas mécontent d’avoir gardé mon coupe-vent. Je me lance cette fois pour 3 bons kilomètres de descente, tout d’abord sur un large sentier puis ensuite sur un single un peu technique. Je descends vite dans les passages techniques mais rapidement un groupe de cinq coureurs me forcent à ralentir l’allure…

Je trépigne mais ne dis rien. J’attends le bon moment pour doubler mais ce moment peine à venir. Derrière moi j’entends un coureur qui me rejoint à grande vitesse. Très rapidement il trépigne à son tour. Il informe alors qu’il va doubler dès que possible. Sans me retourner je reconnais ce coureur au son de sa voix, c’est Antoine ! Je suis content de faire un bout de course avec lui, mais un peu moins de devoir me faire dépasser. Reboosté par la pression infligée, je tente un dépassement hasardeux qui se fera sans dommage mais au prix d’une petite suée quand même.

Le champ est libre et on peut enfin envoyer du bois ! Antoine tient une très grande forme et n’est pas décidé à lâcher. Son enthousiasme est communicatif et nous nous régalons dans cette portion où les pierres ne semblent pas ralentir notre descente. On vole littéralement ! C’est le plus beau moment de cette course. Je conseille toutefois à Antoine de rester vigilant car à cette vitesse une chute pourrait faire très mal. A croire que mes paroles lui ont porté malheur car quelques virages plus loin je l’entends hurler… Il vient de se tordre la cheville dans un horrible craquement.

Immédiatement l’écart se creuse entre nous. Je m’inquiète pour lui mais il me répond que la douleur reste supportable mais nous savons à ce moment, lui et moi, que sa course est gâchée et qu’il n’aura pas la possibilité de battre son record personnel (et moi par la même occasion).

« En prenant sa revanche, un homme devient égal à son ennemie, mais en s’abstenant de la prendre, il lui devient supérieur. » (Francis Bacon)

Je lâche Antoine et continue ma descente à toutes enjambées. Plus loin, c’est Sylvain qui semble être en difficulté. Pas de bobo, il s’est juste grillé. Il devra, lui aussi, attendre l’année prochaine pour me passer devant… C’est ainsi, c’est la dure loi du sport. Je reste concentré sur ma course et ne relâche pas ma vigilance car je sais que Patrice et Jeff peuvent revenir à tout moment, surtout en descente et sur les sentiers roulants.

J’approche la fin du parcours. Il reste deux belles bosses à négocier, ensuite je pourrai filer vers l’arrivée. La première est avalée avec difficulté. Le cardio explose et je dois marcher quelques mètres sur la partie la plus raide. La courte descente qui suit permet de me refaire et j’enchaîne sur la seconde qui, elle, passe nettement mieux. Je passe le dernier ravito sans ralentir puis le sentier remonte légèrement pour rejoindre le plateau boisé. Une dernière belle descente dans la boue et je quitte les sentiers pour retrouver le bitume. J’accélère et double encore quelques coureurs manifestement au bord de l’asphyxie.

Je termine le dernier kilomètre à plus de 15 km/h. Le cœur de Gémenos approche. Un dernier virage à droite et j’entre dans l’allée piétonne où se trouve l’arrivée. Au moment de passer la ligne je freine pour ne pas percuter un bénévole positionné en plein milieu. C’est pile à ce moment qu’un coureur lancé à toute allure me dépasse pour me coiffer sur le poteau. Je ne l’ai même pas entendu arriver… Je ne peux m’empêcher de lui faire une réflexion désobligeante. Se tirer la bourre les derniers mètres avant l’arrivée, ok. Mais là, ce n’est pas très sport. Du coup je termine en 01:22’16″, un temps supérieur de 01’30″ par rapport à l’an passé mais la visibilité étaient meilleure et la forme aussi.

Les collègues arrivent à leur tour. Nous nous félicitons et nous nous donnons rendez-vous à l’édition 2015 pour les uns, à la prochaine course pour les autres. Cette belle soirée se terminera cette année encore par un super resto. Décidément les traditions ont la vie dure et il ne faut surtout pas les changer !

Dossard Trail de Gémenos 2014

Voir la trace GPS sur Movescount

Résumé Trail Nocturne de Gémenos 2014

Distance

Dénivelé

Chrono

Classement

FC Moyenne

Lieu

16 km

750 D+

01:22:16

17/398

(10 V1M)

NC

Gémenos

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9 réflexions au sujet de « Trail nocturne de Gémenos »

    • Hello Sylvain,
      Pas de reco Galinette dimanche mais une sortie Sainte Victoire avec des amis. Environ 20 km et 1400 m D+.
      Si tu veux nous rejoindre, fais-moi signe.

      Concernant la Galinette je voulais m’inscrire sur le 23 km mais y’a déjà plus de place… Le long ne m’emballe pas plus que ça.

      • ça aurait été avec plaisir mais j’ai déjà promis à des collègues que je me joignais à la reco. Dommage pour la Galinette, j’espère qu’on se reverra avant Gémenos qd mm. D’içi là, je te souhaite un bon réveillon + que tes objectifs 2015 se réalisent + que les records tombent (sauf pour Gemenos 😛 ) + que les KOM pleuvent + que tes recits nous inondent + UTMB + podiums, etc…

    • C’est ce que j’ai cru comprendre. Tu te transformes en ours quand on vient perturber ton sommeil il parait…
      Moi c’est quand je mange qu’il ne faut pas venir me casser les pieds.
      Meilleurs vœux pour 2015 et continue à nous pondre de supers récits pleins d’aventure et d’anecdotes de l’espace.

      • Hé hé merci je vais essayer! Le seul truc que je vais essayer d’éviter c’est de refaire une course malade, je crois que c’est pas ce que j’ai préféré. Pour tout le reste, je signe avec plaisir!

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