Trail Verdon Canyon Xtrem

Trail du Verdon 2015VerdonIl est déjà loin le Trail du Verdon, mais durant ce mois de juillet caniculaire la course à pied me manque. Je m’entraîne peu… Trop chaud… Du coup je pense aux courses passées et à mes prochaines vacances à la montagne. J’ai hâte de retrouver un peu de fraîcheur et surtout les paysages que j’aime tant. Cet été je n’ai pas d’ultra en vue, à part le Trail des 6 Burons, une course de 67 km et 2500 de D+ dans le Cantal qui aura lieu le 6 septembre. Pour l’heure, faisons un rapide retour en arrière…

Le 12 juin au soir je quitte Aix-en-Provence pour rejoindre Moustiers-Sainte-Marie. Je ne pars pas l’esprit serein car je m’en veux de laisser Laurence seule avec les enfants le soir de son anniversaire. D’un autre côté je suis tiraillé par cette course qui me fait envie depuis plusieurs années même si cette année le parcours proposé n’est pas forcément le plus beau et le plus dur. J’ai fait le choix du parcours de 57 km pour 3000 m de D+. Il y avait plus long (83 km) mais pas forcément plus beau et intéressant. D’autre part il risque de faire très chaud comme chaque année, du coup 57 km devraient suffirent.

A peine quitté Aix il tombe des cordes sans discontinuer jusqu’à Moustiers… Je m’installe au camping Saint Jean à la vitesse de l’éclair sous le déluge et je pars récupérer mon dossard. Ensuite, toujours sous la pluie, je vais rapidement dîner dans le village où l’accueil est toujours aussi sympa puis je rentre m’installer dans tente qui, heureusement, n’a pas pris l’eau. Il pleuvra d’ailleurs toute la nuit…

Je suis réveillé par le départ du 83 km qui a lieu à quelques centaines de mètres du camping. Je n’entends plus l’eau ruisseler sur ma tente. Je passe une tête à l’extérieur pensant y découvrir des nuages menaçant mais c’est tout le contraire, le ciel est sans nuage ! Ça promet une excellente journée.

Au briefing d’avant course on nous annonce que notre parcours sera amputé de quelques kilomètres et que les sommets seront évités en raison de forts orages annoncés dans l’après-midi. A la vue du ciel on a du mal à le croire mais connaissant bien ce magnifique coin des Alpes de Haute Provence je sais que le climat peut très vite changer. D’ailleurs lors de l’édition précédente l’organisation et certains coureurs se sont fait très peur. En effet, en quelques minutes le ciel est passé du bleu au noir et il est tombé des grêlons gros comme le poing dans une ambiance de fin du monde.

Tant pis pour la vue à 360 degrés depuis le sommet du Grand Margès… La course promet malgré tout d’être belle. Le départ est lancé sur le terrain de football situé au pied du village et nous filons rapidement en direction du lac de Sainte Croix. Le parcours est très roulant et il me faudra 34 minutes pour rejoindre le pont du Galetas qui se trouve 7 km plus loin. A droite du pont vous voyez le lac à perte de vue, à gauche l’impressionnante entrée des gorges du Verdon. Même si nous n’y pénétrons pas encore, la course prend une nouvelle tournure. Nous longeons quelque temps le lac puis le sentier vire à gauche et attaque la pente pour rejoindre Aiguines.

Pont du Galetas

Pont du Galetas et l’entrée des gorges du Verdon

Les deux kilomètres de montée ne sont pas trop raide et me permettent de courir presque tout le long. C’est avec plaisir que je constate que mes derniers entraînements portent leurs fruits. En effet je me sens à l’aise et facile dans la montée. Je double un bon paquet de coureurs qui payent un départ trop rapide. Même si le terrain, fait de larges sentiers, n’est pas très ludique je prendrai toutefois beaucoup de plaisir dans la montée si bien que le premier ravitaillement situé devant le château d’Aiguines est, à ma grande surprise, rejoint rapidement alors qu’en voiture la route parait interminable.

A la sortie du sympathique village les sentiers prennent de nouveau du dénivelé. C’est l’heure de sortir les bâtons pour ceux qui en sont équipé. De mon côté je les utilise rarement en dessous de 100 km. Ça ne m’empêche pas de monter rapidement dans la forte pente qui traverse la forêt dense. Je pense à bien m’hydrater et m’alimenter, d’autant que je testerai tout le long de la course les produits Nutrisens Sport dont vous trouverez quelques informations à la fin de ce récit et un article plus détaillé prochainement.

Au seizième kilomètre nous quittons le parcours initial en forêt pour rejoindre la Route des Crêtes. Suivent deux kilomètres sur bitume. Cette portion reste agréable grâce à la vue plongeante qu’elle offre sur les gorges du Verdon. Ensuite le tracé retrouve la nature sauvage en empruntant un sentier taillé pour l’occasion (et à la serpette). Sur une centaine de mètres on se croirait en plein cœur de la jungle tellement la progression est difficile. Le temps de rejoindre un sentier plus « officiel » et la course reprend à grande vitesse dans une très belle section en sous-bois.

Nous sortons du bois pour emprunter le GR99 qui rejoint la falaise des Cavaliers puis nous plongeons au fond des gorges. Je connais très bien cette descente pour avoir fait plusieurs fois le sentier de l’Imbut. Cette descente est normalement glissante. Avec les pluies de la veille, c’est encore pire… Je reste très vigilant pour éviter la chute. Malgré tout les pieds glissent deux ou trois fois, heureusement sans dommage. A l’approche du Verdon au fond des gorges la température se rafraîchie. Je passe sur l’autre rive par l’intermédiaire de l’esthétique passerelle de l’Estellier. J’aimerais prendre le temps d’admirer le paysage mais ça sera pour un autre jour.

passerelle de l'Estellier

Passerelle de l’Estellier (Photo Olivier Vin)

A peine le Verdon traversé, le sentier remonte très raide sur deux kilomètres en direction du chalet CAF de la Maline. Beaucoup de monde souffre dans la montée et je commence à rattraper les participants du 83 km… Écourté lui aussi. Chez moi tout va bien, pas encore de signe de fatigue. La montée se passe sans incident en prenant bien soin de m’hydrater et de m’alimenter. En effet, une fois sorti de la forêt en haut des gorges le soleil devrait chaudement manifester sa présence.

Le point de passage du chalet de la Maline est également celui du second ravito. Je bois abondamment et me gave de quartiers d’orange. J’aimerais manger quelque chose de plus solide mais je n’y arrive pas. C’est passé les 10 heures de course que généralement la sensation de faim se manifeste. La pause sera courte et la course reprend en sous-bois en direction de La Palud sur Verdon, village que je connais très bien pour y avoir séjourné de nombreux étés à l’époque où j’étais grimpeur. Cette section entrecoupée de passages sur bitume pour éviter un sommet ne sera finalement pas si désagréable.

A la Palud sur Verdon les touristes sont massés au bord de la route pour nous applaudir. Ça fait du bien, on a presque l’impression d’être un cycliste du tour de France… L’EPO en moins. Galvanisé par les encouragements j’oublierai de m’arrêter remplir mes gourdes à la fontaine du village qui est, je le précise, un point d’eau « officiel » du parcours. Ce n’est pas parce que j’ai l’impression d’être un cycliste qu’il faut tricher non plus… Bref, je commets une grave erreur car le prochain point d’eau sera 15 kilomètres plus loin. Mais ça je ne le sais pas encore…

Nous grimpons en plein cagnard jusqu’à la Cime de Barbin pendant deux kilomètres. C’est la dernière grosse montée et j’arrive encore à gagner quelques places même si je sens l’allure décliner. La suite se passe en forêt puis sur les crêtes le long du GR4. Il doit me rester une dizaine de bornes et le plus difficile semble être derrière moi. J’entame une longue descente qui me paraît interminable. Un coureur que j’avais doublé quelques minutes auparavant me dépasse à son tour. C’est une évidence, j’ai du mal à avancer… Je n’arrive pas à dérouler dans cette descente pourtant sans difficulté particulière. Je ne me sens pas très bien avec un début de nausée et la tête qui tourne. Ce sont les symptômes de la déshydratation… Je paye maintenant mon erreur de tout à l’heure. La suite sera évidemment un calvaire. J’aurai du mal à courir même sur le plat.

Heureusement je finis par rejoindre le dernier ravitaillement (situé à moins de 5 km de l’arrivée… Difficile de comprendre le choix des organisateurs). Après une pause plus longue que prévue je reprends ma route et quitte le large chemin monotone que je suivais depuis plusieurs kilomètres. La forme revient doucement et c’est tant mieux car un concurrent se rapproche dangereusement. J’accélère la foulée et j’arrive sur la crête qui permet de découvrir Moustiers en contrebas, enfin !

La descente se fait par la voie romaine qui demande une grande attention à cause des grosses pierres pointues qui ne cherchent qu’à retenir vos chevilles. D’ailleurs la descente semble calmer les ardeurs de mon poursuivant que je ne vois plus. Ce n’est pas pour autant que je réduis mon allure, au contraire. J’entends les commentaires du speaker qui doit se trouver quelques centaines de mètres plus bas. La fin approche…

Je traverse le célèbre village de Moustiers qui fait déjà le plein de touristes alors que la période estivale n’a pas encore commencé. J’arrive même à me perdre en m’engageant dans une mauvaise ruelle. Heureusement je m’aperçois vite de mon erreur et reprends le bon itinéraire. Une dernière descente et je passe la ligne d’arrivée en moins de 7 heures. Je suis plutôt satisfait de ma course, surtout de la première partie où j’ai eu d’excellentes sensations en montée. Je regrette un peu plus la seconde et ce coup de déshydratation qui était largement évitable. Malgré tout je pointerai 9ème au scratch, c’est la très bonne nouvelle de la journée qui confirme que j’arrive à performer sur des parcours plutôt roulants.

Voir la trace GPS sur Movescount

Résumé Trail du verdon 2015

Distance

Dénivelé

Chrono

Classement

FC Moyenne

Lieu

54 km

2500 D+

6:52:57

9/197

(6 V1M)

NC

MoustierS

Sainte Marie

Produits Nutrisens Sport testés lors de la course :

Boisson énergétique BOOSTER TRAIL saveur Menthe

Booster TrailBOOSTER TRAIL est une boisson énergétique spécialement conçue pour le trail Sa recette unique à base d’ortie, de prêle et d’harpagophytum permet de prévenir l’inflammation, et est idéale sur un parcours avec du dénivelé. Sa teneur en vitamines B2, B5, B6 et B9 permettent de réduire la fatigue. Sa formule est sans gluten afin d’apporter une digestibilité optimale aux sportifs, et offrir une bonne assimilation de la boisson pendant l’effort.

Le + produit : L’ortie a une action anti-inflammatoire et soulage les douleurs articulaires et musculaires.

C’est ce que raconte le site Nutrisens. Ça ne m’a pas empêché d’avoir des crampes et d’être déshydraté sur la fin du parcours… Après, soyons honnête je n’ai consommé cette boisson uniquement sur les 25 premiers kilomètres. Le goût est peu sucré et est plutôt agréable à boire même s’il surprend à la première gorgée. Le défaut constaté est que le produit mousse beaucoup une fois mélangé à l’eau. Du coup lors du remplissage aux ravitaillements le mélange a tendance à déborder facilement de son contenant.

Avis tout personnel mais j’ai trouvé cette boisson moins écœurante sur la durée que l’équivalent chez Overstim.s.

Boisson de récupération SPEED RECUP saveur Citron Vert – Cactus

Speed RecupSPEED RECUP est une boisson de récupération immédiate, sans gluten, créée spécialement pour répondre aux besoins nutritionnels des sportifs après l’effort. Sa composition en protéines permet ainsi une récupération musculaire optimale. SPEED RECUP est source de magnésium qui contribue à réduire la fatigue.

Le + produit : Idéal en cas enchaînement de compétitions ou entrainements.

Boisson au goût très agréable. J’ai consommé ce produit dans les 30 minutes qui ont suivi l’arrivée et le lendemain j’étais nickel ! Est-ce cette boisson y est pour quelque chose ? Je ne pourrai répondre. En attendant les faits sont là et le lendemain j’étais parfaitement en mesure de pouvoir courir sans trop souffrir de la course de la veille.

Publicités

11 réflexions au sujet de « Trail Verdon Canyon Xtrem »

  1. Wahou bravo! Bon comme d’hab, je me fatigue en te lisant (c’est couillon je suis en repos et je vais courir là, dans cinq minutes), belle course, dommage pour l’erreur vers la fin et oui le ravito à 5km de l’arrivée… je cherche encore le pourquoi.
    En faisant 9è au scratch je te voyais bien sur le podium de ta catégorie mais en fait les premiers c’est pas mal de V1! C’est une course d’expérience peut-être bien!

    Félicitations, franchement tu mets un temps super balèze sur ce parcours. Bon sur ce, je vais -ne pas trop- m’entraîner. 😀

    • Oui, je suis très content de ma course et les erreurs sont de ma faute, donc pas de regret. Par contre, on a beau avoir de l’expérience, quand on en bave… On en bave et on peut faire ce qu’on veut, c’est toujours aussi dur.
      Je ne sais pas si tu as prévu de venir dans le Cantal en septembre, mais ça serait l’occasion de se croiser. C’est rare que je traîne dans ce coin de France.
      J’espère qu’au final tu as fait ta sortie prévue…

      • Même pas, mais c’est pas ta faute en vrai. 😛

        Pas de cantal pour moi, je serai en Bourgogne à cette période, en vacances pour quelques jours. 🙂 Partie remise.

      • oui avec grand plaisir et surtout dès que mon genoux droit me gênera moins 🙂 à priori tu fais une sortie dimanche à mimet avec mon collègue de travail Arnaud qui m’a appris cela! tu es une vraie star 🙂

  2. Ping : Nutrisens Sport, le Goût de la Performance ! | Highway To Trail

  3. Bonjour, très bon CR de la course, j’étais aussi sur le 57 et bien que je connaissais le parcours, j’en ai bavé… manque d’entrainement principalement, et descente des Cavaliers trop rapide et j’ai eu du mal à me remettre dans la course. D’accord avec toi sur le choix de l’emplacement du dernier ravito !
    D’autre part, merci d’avoir mis le copyright sur ma photo de la passerelle, ça fait toujours plaisir (et c’est comme ça que je suis tombé sur ton blog).
    Participeras-tu l’année prochaine ? Les parcours semblent magnifiques et il y aura un passage inédit dans Canjuers !
    Je ferai les photos l’année prochaine, car ça promet d’être superbe !
    Bonne continuation !

    • Hello Olivier et merci pour ton retour.
      Concernant le copyright, c’est pour moi la moindre des choses et parfois je demande l’autorisation. Je sais que tout le monde ne s’embarrasse pas autant mais c’est important de respecter le travail des autres. J’achète souvent les photos de mes courses quand elles sont réussies. C’est dommage qu’il n’y avait pas de photographe sur cette édition du Trail Verdon Canyon Xtrem car le lieu s’y prête fortement !
      Du coup c’est génial que tu y sois l’année prochaine pour photographier car celles de ton site web sont superbes ! Y’a de grandes chances que j’y participe, le parcours est effectivement sublime, probablement un des plus beaux. Ça sera pour moi soit le 60, soit le 80 km. J’ai déjà hâte d’être sur le sentier Martel !
      J’espère à très bientôt !

      • Bonsoir Fred,
        Merci pour ton gentil commentaire sur mes photos ! Le trail des Dragons était tout en sous-bois donc pas très visuel, La Montagn’Hard évidemment déjà plus grandiose !!!
        Oui tout le monde n’a pas le même sens du respect du copyright, y compris certains médias !
        J’essaierai d’être le photographe pour le trail du Verdon, par contre je ne pourrai être sur tous les parcours, j’aimerais être sur le 60 ou le 80, à voir !
        Bon entrainement, à bientôt !

  4. Ping : Bilan 2015 | Highway To Trail

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s